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Grèce. Allégement de la dette  : Berlin bloque encore

jeudi 25 mai 2017, par {{Bruno Odent}}

A quand une UE respectueuse des droits des peuples à l’auto détermination ?

Michaële Lafontant

Membre du Conseil National du PCF

Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, n’a rien voulu lâcher dans les négociations visant à réduire le poids de l’énorme dette du pays.

Les nationalistes allemands se sont invités à la table des négociations sur la réduction de la dette grecque. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a refusé lundi soir à la réunion de l’Eurogroupe d’adopter une liste de mesures concrètes visant à alléger le terrible fardeau (179 % du PIB), conformément aux demandes du FMI et aux souhaits formulés par l’ensemble des créanciers européens. La raison de l’obstruction allemande tient à la proximité des élections du Bundestag, prévues fin septembre. Alternative pour l’Allemagne (AfD, extrême droite), qui rentre depuis quelques mois dans tous les parlements régionaux, prospère notamment sur le refus d’une «  Union de transferts  ». La formule pollue, de longue date, le débat intérieur outre-Rhin en présentant l’Allemagne comme une vache à lait abreuvant des Grecs paresseux qui vivraient «  aux crochets  » de leur partenaire.

AfD réclame un éclatement de la zone euro

Le cliché populiste et xénophobe a pu prospérer car il s’appuie sur les principes monétaristes qui servent de fil conducteur à la politique du ministre des Finances allemand, jusqu’à son fameux engagement de 2015 en faveur d’un… Grexit. AfD ne fait que pousser plus loin cette logique en réclamant un éclatement de la zone euro dans l’espoir qu’il facilite le triomphe de la loi du plus fort et enterre toute velléité de solidarité entre Européens. «  Nous n’avons pas dégagé d’accord global  », a dû reconnaître Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe.

Désireux de gagner du temps, Schäuble plaide «  pour une adoption d’un accord global  » mais pas avant… 2018. Dans l’immédiat, il se déclare uniquement prêt à accorder à Athènes une nouvelle tranche du dernier plan d’aides, afin de l’empêcher de faire faillite lors de la prochaine échéance de remboursement (7 milliards d’euros), en juillet.

Dijsselbloem a renvoyé la conclusion d’un hypothétique compromis au mois de juin. Hormis Berlin, tous les membres du conclave semblaient pourtant s’accorder sur la nécessité d’un allégement de la dette. Tant il apparaît vital pour soulager un peuple grec exsangue. Comme le serait une autorisation d’accès du pays à ces crédits à taux zéro distribués mensuellement par la BCE. Ils lui sont aujourd’hui interdits, au nom de règles… monétaristes de la zone euro, alors même qu’il en éprouve les besoins les plus manifestes.

Bruno Odent

Journaliste

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