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Chine : Quand l’Occident tirera t-il enfin les leçons de l’histoire ?

lundi 30 janvier 2017, par Danielle Bleitrach (Date de rédaction antérieure : 28 octobre 2011).

Chine : Quand l’Occident tirera t-il enfin les leçons de l’histoire ?

Les salves du réseau de médias d’Etat britannique BBC contre la Chine s’intensifient à nouveau. Mais la BBC n’est pas la seule à réagir aussi abruptement, ce qui a conduit de nombreuses personnes à se demander pourquoi certains médias occidentaux passent leur temps à diaboliser la Chine et son rôle en Afrique.Il semble qu’il y ait plusieurs raisons à cela.D’abord, le niveau de la brutalité infligée aux peuples africains par les pays européens et les Etats-Unis les contraint à se serrer les coudes entre coupables.

Lors des deux derniers siècles, les puissances européennes ont commis des crimes odieux en Afrique. Cela va du massacre de plus de 7 millions de Congolais par les Belges durant le règne du Roi Léopold II au génocide perpétré par les Allemands dans ce qui est aujourd’hui la Namibie, les massacres opérés par les Britanniques en Afrique de l’Est et du Sud, et les crimes contre l’humanité des Italiens en Ethiopie. En fait, aucun pays d’Afrique n’a pu éviter d’être écrasé sous la botte des colonialistes européens, et les peuples de chaque pays ont dû endurer leur cruauté, leurs humiliations, l’esclavage et parfois même l’extermination.

La Chine, elle, est venue en Afrique en amie. Cela a contraint l’Occident, conscient de ses crimes, à réagir, parce qu’il sait qu’à présent, il pourrait « perdre » l’Afrique. Diaboliser la Chine est à présent l’objectif principal de la propagande occidentale. L’Occident vante son propre système politico-économique comme étant le seul possible dans le monde.

La Chine, elle, est un pays socialiste, bien qu’étant une économie de marché. Elle ne copie pas le modèle de développement occidental. Ce que font les médias occidentaux reflète combien les pays occidentaux sont peu désireux de partager leurs profits avec des nations non occidentales.

A chaque fois que la Chine tend une main secourable, et c’est bien sûr le cas en Afrique, les médias et les gouvernements occidentaux l’accusent de suivre ses propres intérêts, exploitant les riches ressources naturelles du continent et « travaillant avec des dictateurs locaux ».

Aux yeux des médias ocidentaux, rien de ce que fait la Chine n’est bien. Quand la Chine veut construire une voie ferrée, « on l’accuse de vouloir piller les ressources naturelles ». La même accusation se fait jour quand elle construit aussi des routes, d’ailleurs. Et quand elle veut construire des bâtiments pour les Etats, la propagande occidentale commence à raconter des histoires, disant qu’elle « corrompt les gouvernements locaux ».

En revanche, quand la Chine offre son aide pour des raisons indiscutablement charitables et humanitaires, comme pour combattre le paludisme en Afrique de l’Est, les médias occidentaux se taisent brusquement. En fait, de nombreux propagandistes anti-chinois dans les pays pauvres et en développement sont stipendiés par l’Occident. Des membres du monde universitaire et des médias qui suivent des « formations » fréquentes sont emmenés vers le Royaume-Uni et les Etats-Unis, où ils sont grassement payés à la journée –en bref, ils sont chouchoutés. Dans des pays où de nombreux journalistes vivent avec 100 Dollars US, ou moins, par mois, un voyage en Europe ou aux Etats-Unis pourrait permettre une amélioration du niveau de vie pendant plusieurs années.

La plupart des ONG du monde en développement (et cela inclut l’Afrique et l’Asie du Sud-Est) sont supposées être opposées à la Chine ou tout au moins ne souhaitant pas suivre l’exemple de la Chine ou discuter du succès du « modèle chinois » de développement économique.

« Ecrivez un seul paragraphe critiquant le Dalai-Lama et vous vous retrouvez dehors et sans financement », m’a récemment dit un membre d’une ONG malaise. Et c’est la même chose en Afrique.

En fait, l’Occident est parfaitement conscient des bonnes intentions de la Chine. La Chine est « dangereuse » parce qu’elle est différente et qu’elle ne fait pas ce que les puissances occidentales ont fait en Afrique.

Les Africains sont troublés. J’ai parlé avec de nombreux Africains travaillant sur des projets chinois au Kenya et ailleurs, qui m’ont dit être reconnaissants envers les Chinois. Nombre d’entre eux ont même dit que c’était la première fois qu’ils étéient traités comme des êtres humains par des étrangers. Mais dans le même temps, les habitants locaux pouvaient lire dans leurs propres médias (qui pour la plupart d’entre eux ne font rien d’autre que relayer la propagande occidentale) des articles ne cessant de critiquer la Chine.

Les médias occidentaux, adroits comme ils sont, savent taper là où ça fait mal. Ils ont perfectionné leurs capacités depuis de longues années, et ils sont particulièrement efficaces en Afrique, sur laquelle l’Occident a régné pendant des siècles. Les Européens connaissent bien la mentalité des Africains et comment la manipuler.

Pour l’Occident, attaquer la Chine sur des sujets concernant l’Afrique n’est rien moins qu’une lutte pour la survie –ou, plus exactement, pour la survie de son ordre mondial et de son contrôle colonial sur le continent.

Puisque l’Occident défend son contrôle sur les vies des peuples d’Afrique et le pillage de leurs ressources, la Chine n’a plus aucune raison de prendre des gants. Elle soit parler avec plus de force et de clarté, au nom de son propre peuple et au nom de ceux qui de par le monde n’ont pas eu le droit à la parole pendant des siècles. Et elle devrait commencer à poser certaines questions inconfortables à l’Occident.

L’auteur est un écrivain américain, auteur de documentaires et journaliste d’investigation.

Source : le Quotidien du Peuple en ligne

P.-S.

Publié par histoireetsociete le octobre 28, 2011 dans Afrique, Amérique, Asie, civilisation, dialogue, Europe, histoire, politique

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